+++ 22. mars 2022 +++    
 

Avec le même stress pandémique: les symptômes de Long Covid sont nettement plus fréquents chez les personnes infectées

 

Un an après une infection par le coronavirus, les personnes concernées souffrent nettement plus souvent de symptômes typiques de Long Covid, comme l'épuisement, que les personnes qui n'ont jamais été testées positives au coronavirus par PCR. Cette accumulation ne peut pas être attribuée à un stress psychologique lié à la pandémie. C'est ce que montrent les résultats de la Swiss Corona Stress Study menée par l'Université de Bâle auprès de plus de 11'000 participants.

 

Communiqué de presse de l'Université de Bâle

+++ 21 décembre 2021 +++    

Stress psychologique et facteurs de stress chez les personnes vaccinées et non vaccinées

 

La dernière enquête de la Swiss Corona Stress Study menée par l’Université de Bâle montre que le stress psychologique reste élevé pendant la pandémie. Concernant les facteurs de stress, il existe toutefois des différences notables entre les personnes vaccinées et non vaccinées, notamment par rapport au stress provoqué par les mesures et la crainte des conséquences du Covid-19 sur la santé. Parmi les parents vaccinés d’enfants âgés de 4 à 11 ans, la crainte d’une contamination de leurs enfants est beaucoup plus marquée que parmi les parents non vaccinés. La proportion des personnes interrogées présentant des symptômes dépressifs graves est de 19%, le statut vaccinal ne jouant pas un rôle significatif. Les personnes les plus touchées par des symptômes dépressifs graves sont celles ayant subi des pertes financières, celles souffrant d’antécédents psychiatriques, ainsi que les jeunes. Pour la tranche d’âge la plus jeune (14-24 ans), la pression scolaire est le facteur de stress le plus important.

Plus de 11 000 personnes issues de toute la Suisse ont participé à cette 4e enquête (qui a eu lieu du 16 au 28 novembre 2021) menée dans le cadre de la Swiss Corona Stress Study sous la direction du professeur Dominique de Quervain.

 

Différences entre les personnes vaccinées et non vaccinées

 

Concernant les facteurs de stress liés à la perception subjective du stress, il existe des différences notables entre le groupe des personnes vaccinées (58% des personnes interrogées) et celui des personnes non vaccinées. Les différences les plus importantes se situent au niveau du stress provoqué par les mesures comme l’obligation de présenter un certificat, que la majorité des personnes non vaccinées perçoit comme pesante, mais que la majorité des personnes vaccinées perçoit comme un soulagement (illustration 1).

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Le stress provoqué par les conflits au sein de la famille, entre amis ou sur le lieu de travail en raison des mesures contre le coronavirus ou de la vaccination, est élevé pour les personnes vaccinées et non vaccinées. Il est toutefois nettement plus élevé chez ces dernières.

 

On observe également de grosses différences, avec toutefois un stress plus élevé chez les personnes vaccinées, concernant la crainte liée aux conséquences du Covid-19 sur la santé, comme la peur qu’une personne de l’entourage proche puisse tomber gravement malade (illustration 2). De même, la crainte de souffrir soi-même d’un Covid long en cas d’infection, ou que les enfants puissent ramener le coronavirus à la maison et contaminer les parents ou grands-parents, est plus forte chez les personnes vaccinées que non vaccinées.

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Parmi les personnes interrogées dont les enfants sont âgés de 4 à 11 ans (2079 personnes au total), seuls 17% des parents vaccinés ne craignent pas du tout que leur enfant soit infecté par le coronavirus, contre 68% des parents non vaccinés.

Symptômes dépressifs graves

 

La proportion des personnes interrogées présentant des symptômes dépressifs graves est de 19%, le statut vaccinal ne jouant pas un rôle significatif. Cette proportion était de 9% en avril 2020 (confinement), de 12% en mai 2020 (assouplissements partiels) et de 18% en novembre 2020 (deuxième vague).

 

Parmi les personnes interrogées, les plus touchées sont:

 

- Les jeunes (illustration 3): les symptômes dépressifs graves sont plus fréquents dans le groupe le plus jeune (14 à 24 ans), avec une proportion de 33%. Chez les participants qui fréquentent une école ou une haute école, les symptômes dépressifs sont le plus souvent liés au stress dû à la pression de la performance (pour d’autres facteurs, voir l’illustration 4).

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- Les personnes dont les réserves financières ont diminué pendant la pandémie sont plus touchées par des symptômes dépressifs graves (32%) que les personnes dont les réserves sont restées inchangées ou ont augmenté (13%).

 

- Les personnes ayant des problèmes psychologiques avant la pandémie sont plus touchées par des symptômes dépressifs graves (34%) que celles ayant déclaré ne pas avoir eu de problèmes psychologiques avant la pandémie (14%).

 

Augmentation de la consommation de substances

 

Parmi les personnes prenant des tranquillisants ou des somnifères (3544 personnes), 53,6% font état d’une augmentation, 3,5% d’une diminution et 42,9% d’aucun changement de leur consommation pendant la pandémie (illustration 4). On observe une tendance similaire pour les personnes qui consomment de la nicotine, de l’alcool ou du cannabis. Le degré de consommation de ces substances est lié à l’intensité des symptômes du stress, de l’anxiété et de la dépression.

 

Cadre contextuel: collecte des données

 

Les résultats concernent la période d’enquête du 16 au 28 novembre 2021. Pendant ce laps de temps, 11 167 personnes issues de toute la Suisse ont participé à l’enquête anonyme en ligne. En raison de la manière dont ont été collectées les données, il ne s’agit pas, par définition, d’une enquête représentative. Toutefois, en termes de caractéristiques sociodémographiques, la population des personnes interrogées représente un large spectre de la population suisse. Toutes les corrélations et comparaisons dont il a été fait état sont extrêmement significatives sur le plan statistique.

 

Résultats complets sur: https://osf.io/x6zu7/

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